04/03/2026

Majoration des allocations familiales : un report lourd pour les familles

Depuis le 1er mars, la majoration des allocations familiales est reportée aux 18 ans de l’enfant. Les AFC dénoncent une économie faite sur le dos des familles.

 

Un report de la majoration des allocations familiales

À partir du 1er mars 2026, la majoration des allocations familiales ne s’appliquera plus aux 14 ans de l’enfant, mais aux 18 ans. Ceci pourra représenter une perte de 900 euros par an pour certaines familles. Désormais, seules les familles dont l’enfant est né avant mars 2012 pourront continuer à bénéficier de l’ancien dispositif.

 

Objectif annoncé : financer le congé de naissance

Cette réforme vise à dégager des économies pour financer le nouveau congé de naissance, qui entrera en vigueur au 1er juillet 2026. Ce congé, d’une durée de deux mois par parent, sera rémunéré à 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second. Le gouvernement estime que ce report permettra de réaliser 210 millions d’euros d’économies dès cette année, puis 1,2 milliards d’ici quatre ans.

 

Des économies contestées

Le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) ainsi que plusieurs associations familiales dont la CNAFC (Confédération nationale des AFC) dénoncent cette mesure, la jugeant particulièrement pénalisante pour les familles les plus nombreuses et les plus modestes alors que la pauvreté infantile progresse. Selon l’Union nationale des associations familiales (UNAF), la suppression de la majoration générera deux fois plus d’économies que le coût du congé de naissance, estimé à 600 millions d’euros.

 

Au détriment des familles d’adolescents

Les associations familiales soulignent que les besoins d’un adolescent sont supérieurs à ceux d’un enfant plus jeune : alimentation, loisirs, équipement, déplacements et espace personnel coûtent davantage. Le conseil d’administration de la Caisse nationale aux allocations familiales (Cnaf) s’est d’ailleurs prononcé contre cette réforme.

 

Alors que la branche famille est structurellement excédentaire

La réforme intervient alors que la natalité connaît un recul historique en France : 644 000 naissances en 2025, soit une baisse de 2,3 % par rapport à 2024 et de 24 % par rapport à 2010. Certaines associations regrettent que les familles modestes avec adolescents soient mises à contribution pour financer le congé de naissance, alors que les excédents de la branche famille de la sécurité sociale qui vont encore croître avec la baisse de la natalité auraient pu être mobilisés.

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